Mireha (Masoarivo) ou Kibedabeda (Bemamba) sont les deux noms vernaculaires locaux de cette Sarcelle de Bernier à Antsalova au centre ouest de Madagascar connu également sous le nom scientifique d’ Anas bernieri.
La sarcelle de Bernier n’est pas très connue des riverains. Parmi les oiseaux peu connus dans leur habitat naturel, la Sarcelle de Bernier est toujours confondue avec les autres sarcelles à bec rouge ou hottentote à cause de l’existence de deux traits blancs bien distincts sur les deux ailes observables pendant le vol. Les plumes de tout le corps entier est marron avec des tâches marron foncé plus distinguées. Le bec est de même couleur que les plumes. Extérieurement, on ne peut pas distinguer le mâle de la femelle.
La sarcelle de Bernier ne fréquente pas les rizières pour détruire les cultures comme les autres canards sauvages de Madagascar. On la rencontre surtout dans des dans des zones vaseuses peu profondes des lacs, des rivières, des marécages et voire même des mangroves. Son aire de distribution s’étend de Bealanana (nord-ouest) au lac Ihotry, District de Morombe (sud-ouest).
LA REPRODUCTION -La Sarcelle de Bernier construit son nid sous les feuilles d’arbres ou dans des trous de palétuviers en novembre mais la fin de la reproduction n’est pas encore très connue. 5 à 6 oeufs blanc cassés sont déposés sous de fins duvets.
UNE ESPECE QUI MERITE D’ETRE PROTEGEE - Victime de toutes formes de menaces telles que la destruction des mangroves pour diverses utilités humaines, les chasses, les piégeages, et les braconnages durant la période de mue, elle est classée par l’UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) parmi les espèces menacées, vulnérables, de Madagascar.
EST-CE QU’ON PEUT TOUJOURS ESPERER SA CONSERVATION? Le Parc Botanique et Zoologique de Tsimbazaza, Antananarivo joue un grand rôle dans la conservation des espèces menacées par sa reproduction en captivité, et constitue une vitrine de la biodiversité pour faire connaître au public l’importance de notre patrimoine naturel et leur montrer combien il est fascinant. Si le DWCT (Durrell Wildlife Conservation Trust) a commencé le programme de conservation en captivité de cette espèce en 1997, le Parc ne l’a commencé que depuis 2000 à partir d’individus venant de Maintirano croisés avec des descendants de cheptel venant de la reproduction en captivité de DWCT d’Angleterre. Jusqu’à maintenant, la reproduction au PBZT est satisfaisante. En 2008, 8 jeunes sont nés entre février et avril et 6 en décembre. En 2009, deux reproductions ont été répertories avec quatres oisillons en bonne santé.
En 2007, 596 individus étaient répertoriés élevés en captivité dans tous les zoos dans le monde (source : Glyn Young, DWCT, 2007).
Julien Ramanampamonjy